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Les six grands lacs du Morvan, six ambiances pour choisir le bon site

François Girard 7 min de lecture
Grand lac du Morvan, paysage brumeux au matin, reflets sur l’eau

L’expression grand lac du Morvan désigne en réalité un ensemble de six retenues artificielles : les lacs des Settons, de Pannecière, de Chaumeçon, de Saint-Agnan, du Crescent et de Chamboux. Chacun propose une expérience différente, entre activités nautiques, pêche, promenades forestières et paysages de moyenne montagne. Pannecière est le plus vaste, les Settons le plus fréquenté et Chamboux le plus discret.

Les six grands lacs du Morvan en un coup d’œil

Répartis entre la Nièvre, l’Yonne et la Côte-d’Or, les grands lacs du Morvan ont été aménagés aux XIXe et XXe siècles. Leur rôle dépasse les loisirs. Selon les sites, ces retenues servent au stockage de l’eau, à l’approvisionnement de communes, à la régulation des cours d’eau ou à la production hydroélectrique.

Grand lac du Morvan entouré de forêts et de collines
Grand lac du Morvan entouré de forêts et de collines
Lac Cours d’eau Superficie Capacité Atmosphère dominante
Pannecière Yonne 520 hectares 82,5 millions de m³ Vaste, tournée vers la pêche et la randonnée
Les Settons Cure 367 hectares 19,5 millions de m³ Animée, familiale et nautique
Le Crescent Cure et Chalaux 165 hectares 14,25 millions de m³ Sauvage, encaissée et contemplative
Saint-Agnan Cousin 140 hectares Non précisée Boisée, dépaysante et tranquille
Chaumeçon Chalaux 135 hectares 19 millions de m³ Apaisante, sportive et forestière
Chamboux Ternin 75 hectares 3,6 millions de m³ Discrète, paisible et propice à la balade

Ce tableau montre qu’il vaut mieux ne pas choisir uniquement selon la taille. Un grand plan d’eau n’est pas forcément le plus animé. Pannecière impressionne par son ampleur, tandis que les Settons concentrent davantage les activités de loisirs sur l’eau. Les retenues plus modestes offrent souvent une sensation d’intimité appréciée pour une pause au vert.

Du plus animé au plus sauvage : quel lac choisir ?

Les Settons, le choix des loisirs et de la vie au bord de l’eau

Construit entre 1854 et 1858 sur la Cure, le lac des Settons est historiquement lié au flottage du bois. L’eau retenue servait à accompagner les bûches vers l’aval. Cet usage a cessé en 1924. Avec ses 367 hectares, le site est aujourd’hui le lac le plus touristique du Morvan. Il convient aux visiteurs qui recherchent une base de loisirs, des sports nautiques, une journée familiale ou un séjour actif au bord de l’eau.

Son environnement permet d’alterner activités et détente. Navigation, marche en forêt, pique-nique et découverte des rives peuvent se succéder au cours de la même journée. En période de forte fréquentation, il faut toutefois s’attendre à une ambiance plus vivante que sur les autres retenues du massif.

Pannecière, l’immensité pour prendre la mesure du Morvan

Le lac de Pannecière est le plus grand lac du Morvan, avec 520 hectares et une capacité de 82,5 millions de m³. Construit entre 1937 et 1949, à environ 320 mètres d’altitude, il forme une vaste étendue d’eau au milieu de reliefs boisés. Ses longues rives et ses perspectives ouvertes en font un site adapté à la marche, à la pêche et à l’observation des variations de lumière sur le bassin.

Pour un séjour sans programme chargé, Pannecière permet de changer de rythme. On peut s’y arrêter après une route sinueuse, retrouver l’horizon après les sous-bois, puis repartir vers un village ou un sentier. Plutôt que de vouloir parcourir le lac en une seule activité, prenez le temps d’observer plusieurs anses. La perception du paysage varie selon la hauteur de l’eau, la météo et la rive choisie.

Crescent, Saint-Agnan, Chaumeçon et Chamboux pour le calme

Le lac du Crescent, créé entre 1929 et 1932, se situe au confluent de la Cure et du Chalaux. Ses 165 hectares s’inscrivent dans un décor plus resserré et boisé, qui explique son image de lac sauvage. Il séduira les amateurs de paysages préservés, de pêche et de randonnées qui recherchent davantage le silence que l’animation.

Inauguré en 1969, le lac de Saint-Agnan couvre 140 hectares. Alimenté par le Cousin, il assure l’approvisionnement en eau d’environ 28 communes. Son caractère forestier et son ambiance reculée conviennent à une escapade contemplative. Le lac de Chaumeçon, construit entre 1933 et 1935 sur le Chalaux, associe un cadre apaisant à une présence marquée de l’eau vive dans les environs.

Enfin, Chamboux est le plus petit des six grands lacs, avec 75 hectares. Mis en eau en 1984 sur le Ternin, il se découvre lentement, au fil d’une promenade sur les rives, de l’observation des prairies et des lisières, ou d’un moment calme à l’écart des sites les plus fréquentés.

Pourquoi ces lacs sont-ils artificiels ?

Les grands lacs du Morvan sont des lacs-réservoirs. Ils ont été créés pour répondre à des besoins précis : accompagner le flottage des bûches, constituer des réserves d’eau, réguler le débit des rivières et, pour certains ouvrages, produire de l’électricité. Cette histoire explique la présence de barrages dans des paysages qui paraissent aujourd’hui entièrement naturels.

Pannecière illustre particulièrement cette fonction hydraulique. Son barrage, haut de 49 mètres et long de 352 mètres, est un ouvrage multivoûtes à 12 contreforts. Un barrage de compensation, long de 220 mètres et composé de 33 voûtes minces, se trouve en aval. Une centrale hydroélectrique y a été mise en service en 1950.

Le fonctionnement saisonnier de Pannecière participe à la régulation des eaux du bassin de la Seine. Le réservoir stocke habituellement l’eau de novembre à juin, puis la restitue de juillet à octobre. Son niveau est généralement maximal à la fin juin et minimal à la fin octobre. Une vidange complète intervient environ tous les 10 ans. La dernière mentionnée a eu lieu en 2012. Ces variations peuvent modifier fortement le dessin des berges et l’aspect du lac d’une visite à l’autre.

Préparer une journée autour d’un lac du Morvan

Le choix dépend avant tout de l’activité recherchée. Pour une sortie active et des activités nautiques, les Settons restent le choix le plus évident. Pour une grande randonnée avec de larges panoramas, Pannecière est particulièrement adapté. Le Crescent conviendra aux visiteurs attirés par les rives sauvages, tandis que Saint-Agnan, Chaumeçon et Chamboux répondent mieux à une envie de calme et de déconnexion.

  • Pour la pêche : privilégiez les vastes retenues et renseignez-vous avant le départ sur les autorisations, les périodes et les secteurs accessibles.
  • Pour la baignade : vérifiez localement les zones autorisées et les conditions du jour. La présence d’un lac ne signifie pas que toutes les rives sont adaptées ou surveillées.
  • Pour la randonnée : prévoyez des chaussures adaptées aux chemins parfois humides, surtout près des anses et dans les sous-bois.
  • Pour les sports nautiques : ciblez les Settons et vérifiez les possibilités de location ou d’encadrement avant de vous déplacer.
  • Pour le VTT ou l’équitation : renseignez-vous sur les itinéraires et les secteurs accessibles autour du lac choisi.
  • Pour une visite sereine : emportez de l’eau, une protection contre la météo et une carte. Les berges peuvent être longues et les services inégalement répartis.

Pour compléter votre itinéraire, les ressources de Morvan Sommets et Grands Lacs permettent de repérer des idées de balades et de découverte du territoire. Le plus simple consiste à choisir un lac pour son ambiance plutôt qu’à vouloir parcourir les six en une journée. Les retenues présentent des paysages et des usages suffisamment différents pour révéler plusieurs visages du Morvan.

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