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Randonnée & nature

Bivouac au lac du Morvan : le mauvais bord de rive peut gâcher votre nuit

François Girard 7 min de lecture
Bivouac lac Morvan près de la rive : tente et matériel

Un bivouac au lac du Morvan se prépare sur une carte et auprès des interlocuteurs locaux, pas seulement au moment de poser le sac. Berges protégées, parcelles privées, humidité forestière et réserves d’eau potable rendent le choix de l’emplacement décisif. La plus belle vue sur un lac n’est donc pas forcément un endroit où dormir. Le Morvan se prête pourtant à une nuit légère ou à une microaventure de plusieurs jours, à condition de choisir le bon secteur et de rester discret.

Avant de planter la tente : bivouac ou camping sauvage ?

Le bivouac correspond à une installation légère et temporaire, prévue pour une seule nuit au cours d’une randonnée. La tente se monte après le coucher du soleil et se démonte avant le lever du soleil. Cette durée courte ne dispense pas de respecter la propriété privée ni les règles locales.

Bivouac lac Morvan avec tente discrète installée à distance de la rive
Bivouac lac Morvan avec tente discrète installée à distance de la rive

Le camping sauvage renvoie plutôt à une installation durable ou organisée : véhicule, mobilier, feu, plusieurs nuits au même endroit, bruit ou traces laissées sur le sol. Autour des lacs du Morvan, la distinction compte. Une tente discrète pour une nuit ne donne jamais le droit de s’installer librement sur n’importe quelle rive.

L’autorisation du propriétaire reste la règle de départ

Une grande partie des terrains traversés par les sentiers est privée. Avant de prévoir une nuit hors d’un site aménagé, demandez l’accord du propriétaire de la parcelle. Pour un secteur proche d’un lac, vérifiez aussi les arrêtés municipaux, les dispositions du PLU et les consignes éventuelles du Parc naturel régional du Morvan. La réponse peut varier d’une commune, d’un chemin ou d’une berge à l’autre.

Écartez d’emblée les réserves naturelles, les tourbières, les zones humides fragiles, les sites classés ou inscrits, les abords de monuments et les secteurs soumis à des restrictions. Une distance de 500 m peut notamment s’appliquer près de certains patrimoines et sites protégés. Les lacs de Saint-Agnan, Chamboux et Pannecière étant cités comme réserves d’eau potable, considérez-les comme des secteurs particulièrement sensibles et privilégiez une solution explicitement autorisée.

Choisir son lac et son type de nuitée

Le lac du Crescent, le lac des Settons, Chaumeçon, Saint-Agnan, Chamboux et Pannecière attirent pour leurs paysages, mais ils n’offrent ni le même accès ni le même niveau de liberté. Plutôt que de chercher « le meilleur spot », choisissez un secteur en fonction de votre itinéraire, de vos besoins en eau et du cadre légal vérifié avant le départ.

Lac ou secteur Intérêt pour la randonnée Point de vigilance Option prudente
Lac du Crescent Ambiance encaissée et itinéraires vers Avallon ou Vézelay Berges, accès et parcelles à vérifier précisément Prévoir une nuitée autorisée hors rive
Lac des Settons Tour du lac de 14 km et nombreux départs de balades Forte fréquentation selon la saison Choisir un camping ou un hébergement organisé
Chaumeçon Paysages forestiers et impression d’isolement Réseau irrégulier et météo changeante Préparer l’itinéraire et une solution de repli
Saint-Agnan, Chamboux, Pannecière Grands paysages lacustres Sensibilité liée à l’eau potable et aux règles locales Éviter le bivouac libre près des berges

Les éco-bivouacs : la liberté sans l’incertitude

Les éco-bivouacs de Glux-en-Glenne, Marigny-l’Église et Saint-Brisson conviennent aux randonneurs qui veulent dormir dehors sans transformer la préparation réglementaire en casse-tête. Ils permettent de poursuivre une itinérance tout en limitant le piétinement, les déchets et les conflits d’usage. Un camping apporte davantage de confort, avec notamment de l’eau potable, des sanitaires et parfois le tri des déchets. Un gîte est préférable après une journée très humide ou pour un séjour familial.

Un lac attire spontanément vers la rive la plus dégagée, là où l’on a envie de regarder le soleil tomber. Cette concentration répétée fragilise les mêmes herbes, les mêmes racines et les mêmes petits replats. Dormir à distance de l’eau, sur un sol déjà robuste et sans créer de nouvel accès, protège la végétation rivulaire. Cela réduit aussi la rosée, le vent froid et le risque de se réveiller dans une cuvette humide.

Deux formats de rando-bivouac réalistes dans le Morvan

Un week-end autour d’un grand lac

Pour une première expérience, prévoyez deux journées de 15 à 20 km, avec une nuit dans un éco-bivouac, un camping ou un hébergement réservé. Le tour du lac des Settons, long de 14 km, peut servir de base à une boucle accessible. Ajoutez des sentiers forestiers, gardez une marge de temps et repérez le ravitaillement avant de partir. Cette formule limite la quantité de nourriture à porter et laisse le temps de tester le montage de la tente sans pression.

Trois jours entre Avallon, le Crescent et Vézelay

La boucle Avallon–lac du Crescent–Vézelay dépasse 70 km. Elle se prête à une microaventure de trois jours pour des marcheurs déjà entraînés. Le train relie Paris-Bercy à Avallon, avec un trajet annoncé à environ trois heures ; vérifiez les horaires avant toute réservation. Répartissez les étapes selon le terrain et votre condition physique. Certains parcours concentrent plus de 50 km sur les deux premiers jours, ce qui demande une réelle endurance.

Pour une traversée plus longue, le GR13 relie Saint-Père à Glux-en-Glenne sur 113 km, généralement parcourus en 4 à 5 jours. Préparez cette randonnée comme une véritable itinérance : étapes, points d’eau, commerces, hébergements de secours, période de chasse et couverture réseau. Téléchargez la cartographie hors ligne avant de quitter un village. Dans les vallées et sous le couvert forestier, le téléphone ne remplace ni une carte papier ni une boussole.

Le matériel qui fait la différence au bord de l’eau

Dans un massif humide et vallonné, le confort dépend moins d’un équipement sophistiqué que d’une bonne protection contre l’eau froide, la condensation et la pluie. Une tente double paroi limite la condensation interne. Installez-la sur un terrain drainant, jamais dans un creux où l’eau stagne. Fermez les sacs dans des housses étanches et laissez un espace entre le double-toit et la tente intérieure pour favoriser la ventilation.

  • Sac à dos : 45 à 55 litres suffisent généralement pour une à trois nuits. Visez un poids inférieur à 20 % de votre poids corporel.
  • Couchage : emportez un matelas isolant et un sac de couchage adapté aux nuits fraîches. Une température de confort de 5 °C constitue un repère courant.
  • Eau : partez avec une réserve et un filtre ou des pastilles de purification. L’eau d’un ruisseau ou d’un lac ne se boit pas sans traitement.
  • Repas : prévoyez un réchaud à gaz compact, une popote légère et une nourriture simple. Renoncez au feu de bois, dangereux et dégradant pour les sols.
  • Sécurité : ajoutez une lampe frontale, une carte hors ligne, une boussole, une couverture de survie, un sifflet, un tire-tique et des vêtements de pluie.

Quitter le site sans laisser de trace

Choisissez une période comprise entre avril et octobre pour bénéficier de conditions globalement plus simples. Les nuits peuvent toutefois rester fraîches et la pluie arriver rapidement. Consultez la météo jusqu’au dernier moment. En cas d’orage, de vents forts ou de pluies persistantes, privilégiez un camping, un gîte ou reportez la nuit dehors.

Sur place, ne faites pas de feu, ne lavez ni votre vaisselle ni votre corps directement dans le lac, rapportez tous vos déchets et évitez la musique ainsi que les lumières intrusives. Inspectez votre peau après la marche pour repérer une tique. Au matin, démontez tôt, effacez les traces de votre passage et emportez l’eau de rinçage loin des cours d’eau. Cette discrétion permet de partager la nature sans accentuer la pression sur les rives du Morvan.

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