Magazine · Auxois & Côte-d'Or Le Guide de l'Auxois
Activités & visites

Acteurs du tourisme durable : du label à la coalition locale, ce qui fait vraiment la différence

Solène Vautrin-de Lestang 8 min de lecture
Acteurs du tourisme durable : carnet, étiquette label et matières recyclées

Les acteurs du tourisme durable ne se limitent ni aux hébergements écologiques ni aux destinations engagées. Ils forment une chaîne de valeur complète : collectivités, offices de tourisme, restaurateurs, agences de voyage, gestionnaires de sites, transporteurs, associations, habitants et visiteurs ont tous un rôle à jouer. Identifier les responsabilités de chacun permet de passer d’initiatives isolées à une offre cohérente, plus sobre en ressources, inclusive et bénéfique pour l’économie locale.

Les acteurs du tourisme durable, métier par métier

Un acteur du tourisme durable est une organisation ou une personne qui agit pour réduire les impacts environnementaux, mieux répartir les retombées économiques et préserver les patrimoines naturels, culturels et sociaux d’une destination. L’engagement peut commencer par une action concrète. Il n’est pas nécessaire d’être déjà certifié ni exemplaire sur tous les sujets pour amorcer une démarche de progrès.

Infographie des acteurs du tourisme durable et de leurs rôles dans une destination
Infographie des acteurs du tourisme durable et de leurs rôles dans une destination

Les professionnels au contact direct des visiteurs

Hébergeurs, campings, restaurants, loueurs, guides, prestataires d’activités, sites de visite, agences de voyage et tour-opérateurs transforment les principes en expérience réelle. Ils peuvent agir sur les consommations d’eau et d’énergie, le tri des déchets, les achats locaux, la saisonnalité, l’accessibilité et l’information donnée aux clients. Leur action devient concrète pendant le séjour, lorsque les choix de mobilité, de restauration, d’activités et de consommation se présentent aux visiteurs.

Les structures qui organisent l’offre et la destination

Les offices de tourisme, agences départementales ou régionales, comités de destination, collectivités et institutions créent les conditions de la coopération. Ils peuvent cartographier l’offre existante, proposer des formations, orienter les financements, harmoniser les messages adressés aux visiteurs et intégrer la transition dans leur stratégie touristique. Les parcs naturels, gestionnaires d’espaces protégés et sites culturels contribuent aussi à concilier fréquentation, préservation de la biodiversité et qualité de l’accueil.

Les partenaires souvent oubliés

Les fournisseurs locaux, entreprises de transport, organismes de formation, consultants, médias, associations environnementales, habitants et communautés locales font aussi partie des acteurs du tourisme durable. Sans artisans, producteurs, réparateurs, structures d’insertion ou associations de terrain, l’ancrage local reste souvent théorique. Le tourisme responsable suppose donc de revoir les relations entre les activités touristiques et le territoire qui les accueille, plutôt que de simplement « verdir » une prestation.

Ce que recouvre une démarche durable dans le tourisme

Le tourisme durable cherche un équilibre entre environnement, économie locale et enjeux sociaux. Le tourisme responsable insiste davantage sur les choix et la responsabilité des professionnels comme des voyageurs. L’écotourisme se concentre généralement sur la découverte et la protection des milieux naturels. Ces approches se recoupent, mais aucune ne se résume à la seule réduction du carbone.

  • Préserver les ressources en réduisant les consommations, le gaspillage et les déchets, et en améliorant la gestion des matières.
  • Protéger les milieux en tenant compte de la biodiversité, des paysages, de l’érosion et de la capacité d’accueil des sites.
  • Renforcer l’économie locale en privilégiant les emplois, les savoir-faire, les achats et les partenariats implantés sur le territoire.
  • Rendre le séjour plus juste grâce à l’accessibilité, à l’inclusion, à la qualité de l’emploi et au dialogue avec les habitants.
  • Faire évoluer les pratiques en sensibilisant les visiteurs sans les culpabiliser et en inscrivant l’action dans une démarche de progrès.

Une lecture par niveau de décision aide à éviter les actions symboliques. À l’échelle d’un établissement, on agit sur les équipements, les achats et les consignes adressées aux clients. À l’échelle d’un quartier ou d’une station, les acteurs peuvent mutualiser la collecte, les livraisons ou la signalétique. À l’échelle d’une destination, les leviers concernent la mobilité, la saisonnalité, l’aménagement et la gouvernance. Une structure ne peut pas porter seule les problèmes qui dépassent son périmètre. Définir le bon niveau d’action rend le plan plus réaliste et plus efficace.

Réseaux, institutions et repères à connaître

Les réseaux facilitent la mise en relation, la montée en compétences et le partage de retours d’expérience. Ils ne répondent pas tous au même besoin. Certains fédèrent des professionnels, d’autres représentent les destinations, accompagnent les politiques publiques ou structurent une filière précise. Pour une structure qui démarre, ils offrent aussi un accès à des guides, formations et ressources.

Organisation ou réseau Rôle principal Pour qui ?
Acteurs du Tourisme Durable (ATD) Fédérer, représenter et outiller les professionnels engagés, avec des rencontres, des groupes de travail et des ressources. Ensemble de la chaîne touristique, structures avancées ou en démarrage.
ADEME Mettre à disposition des méthodes, des conseils et des accompagnements pour la transition écologique. Collectivités et entreprises touristiques.
ADN Tourisme Représenter et animer le réseau des organismes institutionnels de tourisme. Offices de tourisme, agences et institutions ; 1 200 institutionnels y sont regroupés.
Agir pour un tourisme responsable (ATR) Structurer et promouvoir le voyage responsable. Professionnels du voyage ; l’association est présente depuis 2004.
Parcs et Grands Sites Articuler protection des patrimoines, accueil et développement local. Destinations et opérateurs situés dans des espaces à forte valeur naturelle ou paysagère.

Pour découvrir le réseau national dédié aux professionnels, rendez-vous sur le site des Acteurs du Tourisme Durable. ATD rassemble près de 300 membres actifs issus de métiers variés. Le réseau met en relation des structures confrontées à des problématiques comparables : achats, sobriété, biodiversité, accessibilité, communication responsable ou mobilisation des équipes. Ces échanges peuvent aider une organisation à comparer ses pratiques et à trouver des ressources adaptées à son niveau d’avancement.

Labels et démarches : structurer sans se contenter d’un logo

Un label apporte un cadre, des critères et un repère de confiance pour les clients comme pour les partenaires. Il ne remplace ni une stratégie ni le suivi des résultats. L’Écolabel européen peut notamment être mobilisé par les hébergements touristiques. Selon l’ADEME en 2020, les structures labellisées ont réalisé dès la première année 34 % d’économies d’eau et jusqu’à 17 % d’économies d’énergie.

Une démarche RSE, un système de management environnemental, l’économie circulaire ou l’écologie touristique et territoriale peuvent compléter la labellisation. La Charte européenne du tourisme durable fournit, elle, un cadre pour les espaces protégés ; 26 parcs nationaux en sont signataires. Le choix dépend du métier, de la maturité de la structure et des priorités locales. Une démarche adaptée doit pouvoir être suivie dans le temps, avec des objectifs compréhensibles par les équipes et les partenaires.

Construire une preuve crédible

Avant de communiquer sur ses engagements, une structure a intérêt à établir un état des lieux simple : consommations, déchets, fournisseurs, déplacements, accessibilité, emplois et relations avec le territoire. Elle peut ensuite retenir quelques indicateurs et les suivre dans le temps. Afficher un label ou une promesse vague sans expliquer les actions engagées expose au risque de greenwashing. À l’inverse, présenter des objectifs précis, des limites reconnues et des progrès mesurés rend la communication plus crédible.

Mobiliser un territoire : une méthode de coopération concrète

Pour une collectivité ou une destination, la priorité n’est pas de lancer immédiatement une grande campagne. Elle consiste d’abord à créer un cadre commun. Une dynamique territoriale solide relie les difficultés rencontrées par les professionnels aux objectifs publics : gestion de l’eau, déchets, mobilité, préservation des paysages, emploi local ou fréquentation hors saison.

  1. Identifier les acteurs et les flux en recensant les métiers, les lieux sensibles, les services manquants et les initiatives déjà actives.
  2. Choisir un enjeu fédérateur, par exemple les déchets organiques, les achats locaux, la mobilité des visiteurs ou la biodiversité.
  3. Créer des espaces de travail : ateliers, visites de terrain, Meet-Ups, webinaires et retours d’expérience permettent de traiter des difficultés concrètes.
  4. Outiller le passage à l’action avec des guides, des formations, un référent tourisme responsable, un annuaire de prestataires ou un accompagnement à la labellisation.
  5. Valoriser les progrès collectifs grâce à une communication partagée, qui donne de la visibilité aux professionnels sans isoler les petites structures.

La sensibilisation des visiteurs suit la même logique. Elle fonctionne mieux lorsqu’elle facilite un geste utile, comme venir sans voiture individuelle, respecter un sentier, économiser l’eau ou privilégier un commerce local. Une consigne concrète est plus facile à comprendre qu’une injonction générale. Le tourisme durable avance ainsi grâce à des choix mieux conçus, à une coopération continue et à des engagements vérifiables dans l’expérience du séjour.

Solène Vautrin-de Lestang

Partager cet article

Retour en haut