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Pêcher la Cure dans le Morvan : choisir les bons radiers sans subir les lâchers d’eau

François Girard 8 min de lecture
Pêche cure morvan dans le Morvan : radiers sans lâchers d’eau

La Cure présente des profils très différents entre le Morvan et l’Yonne. En amont, c’est une petite rivière boisée où vivent des truites fario sauvages. Plus bas, elle devient plus large et sportive, avant de proposer un cours d’eau plus ouvert et diversifié vers Blannay. Pour réussir sa pêche dans la Cure, choisissez d’abord un tronçon selon le débit, l’accès et l’espèce recherchée, puis adaptez votre technique.

Comprendre la Cure avant de choisir son parcours

Longue de 112 km, la Cure prend sa source en amont du lac des Settons, traverse les reliefs granitiques du Morvan, puis rejoint l’Yonne. Cette configuration explique les eaux souvent brunes, les vallées encaissées et l’alternance de radiers, de fosses et de courants rapides. La rivière demande une observation attentive, car les postes intéressants ne se trouvent pas toujours dans les zones les plus agitées.

Une rivière à plusieurs visages

La truite fario est l’espèce emblématique de la Cure, surtout sur les portions amont où subsistent de belles populations sauvages. En descendant la rivière, le pêcheur peut aussi rencontrer l’ombre commun, le chevesne, le barbeau, le hotu, le vairon et le goujon. Sur la basse Cure et dans les réservoirs, les poissons blancs côtoient également les perches et les brochets.

Il faut donc éviter d’aborder toute la Cure avec le même montage ou la même attente. Une ligne et une approche adaptées à une petite veine d’eau boisée ne conviennent pas forcément à un grand courant ou à un calme profond.

Le débit agit comme une balance entre discrétion et prospection. Lorsque l’eau est basse et claire, une approche lente, des lancers courts et des postes précis sont généralement préférables. Après une hausse d’eau, concentrez-vous sur les bordures amorties, les retours de courant et les veines protégées. Cette lecture de la rivière évite de pêcher mécaniquement les zones rapides, parfois spectaculaires, mais difficiles à tenir pour les poissons.

Haute, moyenne et basse Cure : quel secteur choisir ?

La pêche dans la Cure se prépare aussi en fonction du relief et des accès. La végétation des berges, la distance entre les points d’entrée et l’influence des barrages changent nettement l’expérience d’une même journée. La haute Cure convient aux recherches discrètes de truites, tandis que les portions médiane et basse offrent des profils plus variés.

Secteur Repères et profil Poissons et approches adaptées
Haute Cure En amont du pont du Vieux-Dun, sur environ 650 m au départ, puis dans une rivière étroite, sauvage et souvent boisée, pouvant atteindre environ 15 m de large. Truites fario de 20 à 30 cm en moyenne, toc léger, appâts naturels, petite mouche et leurres discrets.
Moyenne Cure Autour de Montsauche, du Saut du Gouloux et vers le Crescent, avec un courant plus marqué, des radiers et des fosses. Truite et ombre selon les secteurs, toc, vairon manié, ultra-léger et mouche selon les niveaux.
Basse Cure En aval du barrage de Malassis, vers Pierre-Perthuis, Saint-Moré et Blannay, dans un lit plus ouvert et plus diversifié. Truite, poissons blancs et carnassiers, leurres, pêche au coup et techniques ciblant les courants ou les calmes profonds.

Des repères utiles pour accéder à la rivière

Le secteur de Vieux-Dun se situe vers 47.312607, 4.000027. Pour explorer un tronçon amont, un autre repère est indiqué au 47.285844, 4.039982. Le Saut du Gouloux se trouve autour de 47.246074, 4.060063, tandis qu’un accès proche de Montsauche est signalé vers 47.246020, 4.060111. Sous le Crescent, le point 47.393024, 3.889479 permet de se situer. Vers Saint-André-en-Morvan, le repère indiqué est 47.395915, 3.856355.

Ces coordonnées servent à préparer un itinéraire, mais elles ne garantissent ni un stationnement au bord de l’eau ni un accès facile. Les chemins peuvent être raides, les berges encombrées et certains passages traverser des propriétés privées. Prévoyez des chaussures adhérentes, une tenue adaptée aux ronces et suffisamment de temps pour marcher.

Parcourir 2 à 3 km à pied permet souvent de quitter les zones les plus fréquentées. Cette marche demande un peu d’organisation, mais elle donne accès à des postes moins sollicités et facilite une approche plus discrète des truites.

Adapter sa technique aux courants, à la saison et aux poissons

Le toc et les appâts naturels dans les eaux vives

Le toc reste bien adapté aux portions courantes de la Cure. Il permet de faire dériver naturellement un appât dans les veines d’eau, au pied des blocs, à l’entrée des fosses et derrière les cassures de courant. Une ligne fine, une plombée ajustée et une canne maniable facilitent le contrôle de la dérive tout en limitant les accrochages.

La présentation doit suivre la profondeur du poste. En eaux fortes, alourdissez légèrement la ligne pour atteindre la zone où les poissons se tiennent. Une dérive trop rapide près de la surface passe souvent au-dessus des truites. Dans les secteurs boisés, les lancers courts et précis sont plus efficaces que les longues prospections qui augmentent le risque d’accrocher la végétation.

Le vairon manié, les leurres et la mouche

Le vairon manié et la pêche à l’ultra-léger conviennent aux zones plus profondes, aux sorties de rapides et aux grands courants. Restez mobile, mais discret. Les petits poissons nageurs, les cuillers et les leurres souples gagnent à être utilisés dans des tailles mesurées. Une animation trop agressive peut pénaliser les secteurs clairs ou très pêchés.

La pêche à la mouche prend tout son intérêt lorsque les conditions permettent une présentation propre sur les plats, les lisses et les courants réguliers. Elle demande de tenir compte de la végétation et de la largeur disponible, surtout sur les portions amont. Au réservoir du Griottier Blanc, dédié à la mouche, l’approche diffère de celle d’une rivière vive : les postes et la lecture de l’eau ne se présentent pas de la même façon.

Choisir le bon moment et anticiper les variations d’eau

Juin est généralement une période favorable pour rechercher la truite sur la Cure. L’eau conserve souvent une température intéressante et l’activité alimentaire reste régulière. En été, privilégiez les journées couvertes, les débuts de matinée et les fins de journée plutôt que les heures les plus chaudes.

Après une pluie, laissez à la rivière le temps de redevenir pêchable si l’eau est fortement chargée. À l’inverse, une légère coloration peut rassurer les poissons et faciliter l’approche. Le niveau, la visibilité et la vitesse du courant doivent guider le choix du secteur avant celui du leurre ou de l’appât.

Les lâchers d’eau changent la donne

Entre avril et novembre, des lâchers d’eau liés aux activités nautiques peuvent modifier rapidement le niveau et la vitesse du courant, notamment sur les secteurs concernés par les barrages. Ils changent la tenue des poissons, rendent certains gués dangereux et peuvent écourter une session.

Avant de partir, vérifiez le calendrier des lâchers, l’état des accès et les conditions météorologiques. Une montée de débit ne se négocie pas. Si l’eau monte ou se colore rapidement, quittez le lit de la rivière et rejoignez une zone sûre. Les variations liées aux barrages doivent être prises en compte au même titre que la météo.

Carte de pêche, catégories et préparation de la sortie

Une carte de pêche valide est nécessaire. Les parcours sont gérés par des AAPPMA, notamment l’AAPPMA Avallon-Morvan, avec des droits de pêche qui peuvent dépendre de la réciprocité. Les cartes interfédérales associées aux réseaux EHGO, CHI ou URNE facilitent l’accès à de nombreux parcours, mais vérifiez toujours les règles locales, les réserves et les limites précises de chaque lot.

La Cure comporte des tronçons de première catégorie, recherchés pour la truite. L’aval du pont de Blannay est classé en deuxième catégorie. Les réservoirs du Crescent et de Malassis relèvent également de cette seconde catégorie. Le lac du Crescent couvre 138 ha et le réservoir de Malassis 20 ha. Leur réglementation, leurs espèces et leurs techniques de pêche ne se confondent pas avec celles de la rivière.

La catégorie piscicole ne remplace pas la consultation de l’arrêté local. Celui-ci précise les périodes, les tailles légales, les quotas et les techniques autorisées. Contrôlez ces informations avant chaque sortie, car les règles peuvent varier selon le tronçon et l’année.

  • Contrôlez votre carte et les conditions de réciprocité avant le départ.
  • Repérez l’accès, le cheminement et une solution de repli en cas de montée d’eau.
  • Consultez les informations de l’AAPPMA et de la Fédération de pêche de l’Yonne pour vérifier les limites des parcours.
  • Respectez les berges, les propriétés riveraines et les zones réservées.
  • Relâchez les poissons avec soin lorsque vous pratiquez le no-kill.

La Cure récompense moins la course aux spots que la lecture attentive de l’eau. En choisissant un secteur adapté à votre niveau, en marchant un peu et en ajustant votre pêche au débit réel, vous améliorez à la fois la sécurité et la qualité de votre sortie.

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